dimanche, 23 novembre 2008

Un coin de ciel bleu dans mon quartier

18982096.jpg

Le ciel avait la couleur du béton armé ce dimanche matin quand je me suis réveillée. Et quand j’ai mis les pieds sur le trottoir, en bas de mon immeuble, le ciel a décidé de cracher son venin. Moche, mon pantalon va prendre l’eau et mon moral aussi si je ne trouve pas un truc chouette à faire.

Je marche. (oui, je marche toujours) direction le bord du canal, je vais me plonger dans une salle obscure. Face à l’entrée du ciné, le choix devait se faire rapidement : « Stella » de Sylvie Verheyde ou « j’irais dormir à Hollywood » d‘Antoine de Maximy. Le premier commençant à 15H05, le second à 15H20 au fond, le choix fut simple.

Me voilà assis bien placé face à l’écran, A ma droite une jeune fille, d’environ 12 ans, à ma gauche , une jeune femme d’une trentaine d’année. Elles ne se connaissent pas pourtant la ressemblance est troublante

Stella m’ a replongé dans ma plus tendre enfance. En primaire, j’étais nul. Mon instit du CP me faisait peur. L’intérêt d’apprendre ne met pas apparu comme une évidence. Benjamin Biolay me rappelle mon père, cet homme sombre et affectueux à la fois. Il était beau dans ses chemises un peu trop juste et négligemment coiffé. Il profitait de petits moments choisis par ses gardes pour démontrer l’amour qu’il nous portait. La présence de Guillaume Depardieu m‘a pris aux trippes . Son regard, sa peau, tout parait sensible. Sylvie Verheyde lui a offert un joli rôle auprès de Stella.

J’ai revisité  mon enfance. Et lorsque que deux heures plus tard, je suis sortie du cinéma. Il ne pleuvait plus. Le béton s’est éclairci. Le cœur lègé, je suis rentré me mettre au chaud.

Bien sûr en passant, j’ai pris un goûté pour mon cher coloc resté à la maison.

lundi, 27 octobre 2008

Une perle dans un coquillage...

images.jpgAvant Paris, il y a eu rapidement Nantes, mais encore avant, Lorient m’a bercé sur les flots de ses marées d’émotions durant deux années. Deux très belles années avec une préface un peu chaotique.


Comme écrit précédemment dans une note, intitulé « le bonheur n’est réel que s’il est partagé », je retournais vivre dans la ville qui m’a vu naître. Dans mon train ce dimanche, portant mes dernières valises pour mon pseudo futur vrai emménagement, je me suis rappelée. Ces deux valises pesantes que je porte comme une belle histoire encombrante que j’aimerais enfin pouvoir poser, afin de me concentrer sur une autre histoire à écrire.Dans ses valises, ça sent la mer, le grand large, il a du sable, un coquillage qui n’a plus sa perle (à moi d’en trouver une autre)


Il y a comme un goût de Bailey  au fond d’un sac à main qui a foutu en l'air mon portable par noyade. Le Baobab nous en a jamais voulues de lui avoir emprunter ses beaux verres à pied. Un souvenir de dimanche matin à regarder la messe des scouts sur France 3  avec mes copines pâquerette s encore bien embuées par une soirée trop arrosée.


Et puis après le job, il y  avait ma balade quotidienne au bord de mer, que j’effectuais par obligation après mettre empiffrée une tablette de chocolat achetée au supermarché une heure auparavant. Je regardais ces bateaux, cargos ou voiliers devenir tout petits à l’horizon. Je m’imaginais leurs destinations. Mes bas de pantalons prenaient l’eau, et le sable s’infiltrait dans mes Chuks.


Et puis il y avait cet appartement trop grand pour moi seul, mais parfaitement ajuster pour deux. De mes velux, on voyait la mer. L’hiver, il faisait froid alors, on s’y tenait au chaud avec ma théière. Le dimanche matin, j’enfilais mon jogging pas pour faire du sport mais pour aller à la boulangerie qui était à deux pas de courses afin d'acheter une baguette viennoise aux pépites de chocolat.  Le samedi matin était différent, car on se levait, lavait, habillait (plein de truc en "on" et "ait") achetait croissant et canards (3 journaux: Ouest France, Libé ... une petite revue de presse s'improvisait). On s’installait en terrasse face à la mer, presque les pieds dans l’eau avec mes lunettes de soleil de skippeuse (car on avait des relations et aussi on avait des gâteaux Brossard les « duos »). On sirotait nos cafés. C’est lui qui payait. Ma conseillère spéciale-psy n’était pas trop loin. C'était pratique.


Donc voilà, ce qu’il y a dans mes valises qui ne seront plus là à partir de vendredi. Je remplirai mes armoires avec de nouvelles histoires, d’autres comédies, d’autres coquillages, d’autres perles et toujours les mêmes pâquerettes éclaboussant du vin rouge sur mon canapé.
J’attends la suite….

jeudi, 02 octobre 2008

Mon premier amour, c'était elle!

 

R11.jpgMa Renault 11, ma R 11, ma caisse, mon tank, ma première voiture. Elle était grise. Elle scintillait la nuit venue.

Dans ma R11, comme l’appelait mon Padre, je me suis fait peur, j’ai reçu des confidences, j’y ai pleuré, j’y ai ris abondamment, j’y ai donné des baisers, et y ai fait l’amour. Certains ont  vomi par la fenêtre (bien sûr). Elle a vécu des dimanches matins difficiles, elle me raccompagnait les samedis soir quand je rentrais seule. Elle m’a conduit aux écrits du Bac, mes premières vacances avec les potos, mon premier travail, mes concerts, mes festoches, à fond l’autoradio cassette.

Elle m’emmenait partout à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Elle ne m’a jamais fait défaut, pas un seul caprice, pas un problème mécanique, électronique ou polytechnique (sauf une panne d’essence, la pauvre, elle était en manque d’affection).

Je la tenais de mon parrain, qui la tenait de mon grand père, une voiture de ministre à l’époque. Les clefs ont été transmises de génération en génération. Elle ne vieillissait pas.

Puis un soir de novembre 2006 (un vendredi, la veille de mon anniversaire), son moteur s’est arrêté brusquement. Il était 19h43, nous étions (elle et moi) à l’arrêt à un carrefour bondé sous une pluie battante. Il faisait nuit noire. Elle s’est éteinte, sans prévenir, sans crier gare. Un dépanneur l’a emmenée chez le garagiste. Le lendemain, le diagnostique est tombé comme un coup de massu sur un poussin de 5 jours à peine. Mon tank était « foutu pourri d’avance ». Mon père régla les quelques formalités administratives.

Et dans ce cimetière à carcasse sans vie, Je ramassais (une fois de plus mes affaires), un vieux sandwich, un parfum tant cherché jamais retrouvé, un paquet de Haribo où le contenu semblait douteux, des disques des Inrocks (tansportés d'appart' en appart'), un vieille article de Libé' , des capsules de bières, de la drogue? non,non!. J'ai gardé l'allume cigare, pour garder un bout d'elle avec moi (et l'autoradio-cassette aussi)! Ca craint, non? ce n'est qu'une voiture aprés tout!!

Avec la Clio, ce n'est plus pareil, je ne suis plus aussi passionnée.

(En racontant cela, je repense à ces années où on était bien loin de toutes ses préoccupations économiques qui nous pourrissent la vie aujourd'hui. On se retrouvait au Transfo'. Gin et bedo à la main, on écoutait du rock n'roll. On refaisait le monde comme quand on refait le monde à 18ans. Ca fait tellement logtemps. Maintenant, Tous se sont rangés, mariage, bébé pour certain, taf à responsabilité, placement en bourse pour d'autre, Tous sauf un qui est parti. Et moi je traîne mes guiboles (désolé de paraphraser))

mardi, 30 septembre 2008

Nostalgie d'enfance...

 

kréma.jpg Quand j’étais petite, aller chez Papy et Mamie, c’était partir vers de nouvelles aventures chaque samedi. Passer les politesses et les bisous de mamie, nous franchissions le portique en fer forgé afin d’atteindre le jardin. Un paradis qui nous offrait de multiple alternative à notre énergie débordante d’imagination.

Les cabanes dans les sapins centenaires (derrière la coure) faisaient foi de château fort, les armoires remplises de correspondances et de vieilles photographies de nos parents, le voilier abandonné, en guise de requins nous avions les dindons et les lapins

Puis venait l'heure du gouté, Papy fait toujours sa délicieuse tarte aux pommes, et avions le droit ma soeur, ma cousine et mon cousin à deux Krémas (c'est là où le bât blesse). Ses celèbres Krémas, je les ai jamais aimés. Qu'ils soient au cition, à l'orange, à la framboise (le pire)..., cette pâte trop dure, à la fois trop collante et trop sucrée, à peine fondante gachait mon plaisir de dévorer ma part de tarte. Ca lui faisait tellement plaisir à Papy de nous distribuer ses bonbons. me souvenir de son visage dans ces moments de tendresse intergénérationnelles, m'émeus encore, et les hauts le coeur deviennent plus supportables.