samedi, 04 octobre 2008

Paris m'excite!

paris.jpgMon entretien à Paris n’a pas été des plus concluants. Bref, je crois que je n'ai pas été bonne. Réponse lundi. Je m’imaginais déjà dans le train me menant à Paris la note que j’allais écrire s’il m’avait dit : « c’est vous et vous seul que je veux pour ce poste! » . Le titre de cette note aurait été « Légère, je marche comme un nuage». Mais que nenni. Comme pour prévenir ma chute, j'ai obtenue une heure avant l'heure H un autre entretien mardi, mais pas à Paris (pas en centre bretagne non plus, ouf!).

J’avais pourtant revêtu ma plus belle petite robe en laine grise, avec mes bottes hors de prix, ma petite veste en cuire, maquillage sans fausse note. Rempli d’élégance et de confiance en moi, je remontais le boulevard de Clichy. Même pas peur, malgré ma robe que je trouvais tout à coup trop courte et mon décolleté trop plongeant, je ne cessais de me répéter « non, Grenouille , c’est un effet d’optique ! ». Je croisais quelques écervelées, je changeais donc de direction pour diriger vers l’église Sainte Trinité. J’y suis entrée, me suis assise et ai médité quelques instantes.

Paris m’a toujours fait rêver, par ses spectacles, cabarets, expos et autres événements culturels que nous n’avons pas en province. Tous ses parisiens frénétiquement obstinés à marcher plus vite que celui qui le précède. Moi aussi , je veux marcher vite, donner des coups de coude, être à la bourre , serrer mon sac à mains très fort contre mes seins dans le métro, et qu'on m'y relook! (un mois de galère me retourne le cerveau, je parlais d'"écervelées"?!). Je veux y être, être au centre de tout cette effervescence.

« Si Paris me tend les bras , je ne pourrais refuser une si belle étreinte »


jeudi, 02 octobre 2008

Les milles et un soleils de Pigalle*

 

pigalle.jpgFini la déprime. Demain, direction Paris, je tente ma chance à Pigalle. Non, non, je ne vais pas bosser dans un sexe shop, je serais pas hôtesse dans des bars « spécialisés », meneuse de revue dans un cabaret miteux, non plus ! Plus précisément, j’ai un entretien d’embauche dans une agence d’assistance Je vais mettre mes qualités humaines au profit des fâcheux capitalistes. En effet, je crois qu’ils ont besoin de quelqu’un comme moi.

Afin d’être Bonne au point pour ce rendez vous avec quelqu’un de sûrement important, je me suis renseignée sur les faits historiques de ce quartier, hors mis les prostitués.

Pourquoi Jean Baptiste a réussi à avoir sa place à Paris, son quartier, son arrêt de métro ? (J’ai toujours dis qu’un jour un arrêt de métro portera mon nom, c’est écrit, j’en suis sûr)

Jean Baptiste Pigalle est né en 1714 à Paris et est mort à Paris en 1785 . Rien de plus ordinaire pour le moment. Il commence très jeune son art : la sculpture. Il est entouré des meilleurs en la matière : Robert le Lorrain et Jean batiste Lemoyne (des voisins paraîtrait-il). Donc déjà ça aide. Selon wikipédia , je sais, c’est pas très bon, il a subit l’influence de Bouchardon (lui aussi sculpteur à ses heures perdues).

Ses plus belles œuvres peuvent être admirées au Louvre (la pyramide où il faut 3 jours de trek avec une bonne boussole pour tout admirer et apprendre, sans oublier la paire de chaussures de randonnée, collection printemps été de chez décathlon , parce que si tu prends une paire automne hiver tu vas avoir chaud et ça va grave sentir mauvais). Je cite : Mercure 1774, Voltaire (nu) 1776, L’enfant à la cage 1750 (elles méritent qu'on s'y attarde, vraiment). Il a édifié les célèbres monuments funèbres destinés au Maréchal de Saxe (Strasbourg, achevés en 1776). Mais qui est Maréchal de saxe, grenouille ? Son petit prénom était Maurice. Lui aussi est né puis mort (1696-1750). Bref lui aussi est né du bon côté de la société. Qui plus est c’était un pote à JB (d’ailleurs il s’appelait mutuellement JB et Momo), il lui fit donc sa tombe. Et grâce à la mort de son ami, il connu le paroxysme de sa gloire, car la tombe était vraiment trop géniale et que tout le monde voulait la même chez les bourgeois. Puis il est mort. Comme ça arrive souvent quand on a 71 ans au XVIII siècle.

Je m'éloigne du contexte. C'est tellement passionnant l'histoire de France. En faite Jean Baptiste vivait et avait son atelier dans le quartier des artistes à Paris, d'où la rue, le quartier, le TroMé. Et je crois que je m'enfou, après tout, c'est à moi de trouver une solution pour avoir une station de métro à mon nom.

* film de Marcel Mazé (2006)


Mon premier amour, c'était elle!

 

R11.jpgMa Renault 11, ma R 11, ma caisse, mon tank, ma première voiture. Elle était grise. Elle scintillait la nuit venue.

Dans ma R11, comme l’appelait mon Padre, je me suis fait peur, j’ai reçu des confidences, j’y ai pleuré, j’y ai ris abondamment, j’y ai donné des baisers, et y ai fait l’amour. Certains ont  vomi par la fenêtre (bien sûr). Elle a vécu des dimanches matins difficiles, elle me raccompagnait les samedis soir quand je rentrais seule. Elle m’a conduit aux écrits du Bac, mes premières vacances avec les potos, mon premier travail, mes concerts, mes festoches, à fond l’autoradio cassette.

Elle m’emmenait partout à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Elle ne m’a jamais fait défaut, pas un seul caprice, pas un problème mécanique, électronique ou polytechnique (sauf une panne d’essence, la pauvre, elle était en manque d’affection).

Je la tenais de mon parrain, qui la tenait de mon grand père, une voiture de ministre à l’époque. Les clefs ont été transmises de génération en génération. Elle ne vieillissait pas.

Puis un soir de novembre 2006 (un vendredi, la veille de mon anniversaire), son moteur s’est arrêté brusquement. Il était 19h43, nous étions (elle et moi) à l’arrêt à un carrefour bondé sous une pluie battante. Il faisait nuit noire. Elle s’est éteinte, sans prévenir, sans crier gare. Un dépanneur l’a emmenée chez le garagiste. Le lendemain, le diagnostique est tombé comme un coup de massu sur un poussin de 5 jours à peine. Mon tank était « foutu pourri d’avance ». Mon père régla les quelques formalités administratives.

Et dans ce cimetière à carcasse sans vie, Je ramassais (une fois de plus mes affaires), un vieux sandwich, un parfum tant cherché jamais retrouvé, un paquet de Haribo où le contenu semblait douteux, des disques des Inrocks (tansportés d'appart' en appart'), un vieille article de Libé' , des capsules de bières, de la drogue? non,non!. J'ai gardé l'allume cigare, pour garder un bout d'elle avec moi (et l'autoradio-cassette aussi)! Ca craint, non? ce n'est qu'une voiture aprés tout!!

Avec la Clio, ce n'est plus pareil, je ne suis plus aussi passionnée.

(En racontant cela, je repense à ces années où on était bien loin de toutes ses préoccupations économiques qui nous pourrissent la vie aujourd'hui. On se retrouvait au Transfo'. Gin et bedo à la main, on écoutait du rock n'roll. On refaisait le monde comme quand on refait le monde à 18ans. Ca fait tellement logtemps. Maintenant, Tous se sont rangés, mariage, bébé pour certain, taf à responsabilité, placement en bourse pour d'autre, Tous sauf un qui est parti. Et moi je traîne mes guiboles (désolé de paraphraser))