dimanche, 23 novembre 2008

De par Dieu -1-

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Pourquoi les écorchés vifs me fascinent? Je m’y attache. Je veux comprendre. Je veux être Mère Theresa? Pourquoi le destin s'acharne sur des êtres au hazard chaque jour que Dieu leur offre?

Guillaume Depardieu est mort le jour où je suis arrivée à Paris. Etrange. Guillaume, j’aimais ses coups de gueules, ses coups de putes, ses films, son talent d’acteur.

Il est né dans un monde de strass et de paillettes. Où on dit souvent « y naître du bon côté». Mais lui aussi, une pute lui collait aux baskets puis à sa baskets. Un destin hors du commun mais hélas un destin du commun des mortelles.

Ses tourments de l’âme et du corps se règlent sur tous les fronts (des canards, des plateaux télés;) Il fallait que les médias , les « peoples » s’emmêlent. Le vilain petit canard a sale réputation et on aime lui rappeler quel image il doit porter. Ça lui colle au corps comme une gangrène qui vous ronge et vous bouffe votre chair. Une douleur qui se délecte à vous faire ressentir la disparition de chaque cellule de votre corps, à vif. Une gangrène qui lui empêche d'avoir les deux pieds sur terre.

Lui rêvait de se quitter pour mettre fin à se vacarme qui était bien intérieure et entièrement personnel.

Alors il est parti, Pourquoi? On en oublie presque l'artiste... Dans stella, une fois de plus, j'ai été conquise...

La suite - dans une prochaine note-

Un coin de ciel bleu dans mon quartier

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Le ciel avait la couleur du béton armé ce dimanche matin quand je me suis réveillée. Et quand j’ai mis les pieds sur le trottoir, en bas de mon immeuble, le ciel a décidé de cracher son venin. Moche, mon pantalon va prendre l’eau et mon moral aussi si je ne trouve pas un truc chouette à faire.

Je marche. (oui, je marche toujours) direction le bord du canal, je vais me plonger dans une salle obscure. Face à l’entrée du ciné, le choix devait se faire rapidement : « Stella » de Sylvie Verheyde ou « j’irais dormir à Hollywood » d‘Antoine de Maximy. Le premier commençant à 15H05, le second à 15H20 au fond, le choix fut simple.

Me voilà assis bien placé face à l’écran, A ma droite une jeune fille, d’environ 12 ans, à ma gauche , une jeune femme d’une trentaine d’année. Elles ne se connaissent pas pourtant la ressemblance est troublante

Stella m’ a replongé dans ma plus tendre enfance. En primaire, j’étais nul. Mon instit du CP me faisait peur. L’intérêt d’apprendre ne met pas apparu comme une évidence. Benjamin Biolay me rappelle mon père, cet homme sombre et affectueux à la fois. Il était beau dans ses chemises un peu trop juste et négligemment coiffé. Il profitait de petits moments choisis par ses gardes pour démontrer l’amour qu’il nous portait. La présence de Guillaume Depardieu m‘a pris aux trippes . Son regard, sa peau, tout parait sensible. Sylvie Verheyde lui a offert un joli rôle auprès de Stella.

J’ai revisité  mon enfance. Et lorsque que deux heures plus tard, je suis sortie du cinéma. Il ne pleuvait plus. Le béton s’est éclairci. Le cœur lègé, je suis rentré me mettre au chaud.

Bien sûr en passant, j’ai pris un goûté pour mon cher coloc resté à la maison.

vendredi, 14 novembre 2008

La pute

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Je regarde par la baie vitrée de mon nouvelle appartement, sur mon lit bien installée avec mon nouveau pc sur les genoux, et dans mes mains ma tasse de thé bouillante. Dehors, la température est de 6°C. Au moment de commencer une note pour vous chères lectrices et lecteurs, je repense à cet un homme assis au pied de mon immeuble.

Cela fait trois soirs que je passe devant lui, cela fait trois soirs que je laisse tomber quelques centimes dans sa casquette et quelques bonsoirs du bout de mes lèvres sur son visage.

Je lui donne 35 ans, mais son regard est celui d’un vieillard. Non, il n’est pas prostré devant une bouteille de vin ou une canette de bière . Il n’est pas soûl. Il n’es pas affalé sur le trottoir. Il n’a pas de chien infesté de poux ou de tic.

Aujourd’hui, Je sors du métro et ralenti mon pas effréné lorsque j’arrive à sa hauteur, puis je lui offre mes centimes et mes sentiments que j’ai préparés par avance dans le métro, car je sais qu’il sera là. Ce soir, il était différent. Son regard a changé. Est-ce le froid? La peur de la nuit? L’angoisse de la solitude? Ou la haine? Il avait un regard de colère. Le regard qui a envie de s’en mettre une. Et de s’en mettre une bonne - Whiskey, une bouteille de Gin - pour oublier, pour ne pas penser. Combien de temps tiendra -t- il? Tombera-t-il de son trottoir?

Il avait le regard de ces hommes auprès de qui je travaillais cet été. Des hommes qui ont soif. Boire comme avaler un antalgique, pour oublier, anesthésié cette angoisse qui se saisie de votre corps. Les jambes se flagelle, le ventre se noue, le cœur s’emballe, les bras ne se maitrisent plus, et elle finit pas nous étrangler cette putain d’angoisse. Elle nous nargue, elle aussi sur son trottoir. Elle emprisonne le premier sdf venue et l‘ensorcèle. Lui veut fuir la pute, elle est trop difficile à supporter en plus de la faim et de la fatigue. Il cherche le refuge le plus proche, le plus facile d'accès, car il en a marre, il est fatigué, il veut juste oublier.

Le refuge de l’alcool, pour oublier l’espoir. L’espoir qui ramène sans cesse aux souvenirs de moments chaleureux passés en famille ou dans un lit. Oublier ce confort qui est devenu inaccessible . Oublier les gens qui nous ont oublier et ceux qui nous ont jeter. Oublier cette merde dans laquelle on s’est empâté.

Je suis encore passée et ne me suis pas arrêtée. Et si demain, je m’arrêtais et m’asseyais à sa hauteur, que lui dirais-je? Ce n’est pas un soiffard, pas encore. Quelqu’un n’a pas dit un jours: « une parole, et je serais guéri »?